La pêche : la virilité retrouvée
Article du 5 octobre 2008 par Gwendolyn Barkson // Tag Savoir vivre, Loisirs, PêcheEssayons de nous pencher un peu sur ce phénomène qui perdure depuis des milliers d’années.
Tentons d’être un peu tolérantes et compréhensives. Dans un monde qui prône de plus en plus l’égalité des sexes, l’homme a quelque peu perdu de son pouvoir. Il n’est plus celui que l’on attend patiemment à la maison afin qu’il nous ramène de quoi nous habiller, nous réchauffer, et à manger. (Je remercie au passage Les Galeries Lafayette, EDF et Carrefour.)
Il faut bien se rendre à l’évidence gentlemen, vous n’êtes plus nécessaires à notre survie !
Mais pourquoi donc, persistez-vous à vouloir vous réveiller tôt un dimanche matin, troquer votre costume de la semaine pour une tenue de combat en caoutchouc kaki, avec le kit parfait de canne à pêche, acheté sur jesuisleprodelapeche.com ? J’imagine que tel Stallone, avant son combat ultime de bras de fer, lorsqu’il retourne sa casquette rouge pour puiser au fond de lui les dernières bribes de force et de virilité avant de se lancer dans l’arène, vous troquez, vous aussi messieurs, votre personnalité de métro sexuel de la semaine, pour celui du vrai mâle ancestral du dimanche matin. « A moi les poissons, je vais tous vous avoir, et je vais ramener à manger à ma femme ! ». Pendant que vous vous équipez dans la chambre à coucher, en essayant de ne pas trop faire de bruit pour ne pas nous réveiller (mais un peu quand même, pour pouvoir parader devant nous en tenue kaki, comme un boxeur avant son combat, en recherchant dans nos yeux encore endormis, une admiration du mâle et une certaine gratitude de nous ramener à manger pour le soir.) « Que tu es beau mon chéri, je te souhaite bonne chance ».
Parce que oui, c’est tout seul que vous irez à la pêche, pendant que nous continuons à dormir bien au chaud au fond de notre king size bed, rien que pour nous. Car une chose est sûre, nous ne voulons pas y aller, et vous ne voulez pas de nous. Ce sport, (eh oui c’est bien un sport, selon les mecs) reste un sport de mâle. Nos gentlemen ne supporteraient pas que nous puissions ramener un poisson plus gros que le leur. Eh oui les filles, c’est toujours une question de taille… Ceci pourrait bien froisser leur égo, mais avant tout l’essence même de leur présence qui est celle, de nous ramener à manger. Nous les filles, qui adorons parler, et poser toutes sorte de questions, parfois ridicules je l’avoue (mais ça nous occupe), sommes un peu les personas non grata de l’art silencieux de la pêche. C’est une des raisons premières pour lesquelles nous préférons rester chez nous, et finalement nous faire cuire des fish sticks de Captain Igloo, pendant que notre mâle préféré va pêcher tout la journée du dimanche. Mais attention, lorsqu’il rentrera, il ne faudra surtout pas le décevoir et bien faire des « oh » et des « ah », lorsque fièrement, il exhibera devant nous un pauvre petit poisson, qui n’aura pas échappé à sa persévérance de professionnel, ni à son œil de faucon averti. Maintenant il faut tout de même le nettoyer et le cuire, et ça, je vous le donne en mille : qui devra s’y coller ? Eh bien les filles je crois que c’est notre devoir de femme nourrie, que d’apporter cette « mince » contribution à cette journée de chasse à la nourriture, dans la jungle sauvage qu’est le lac du coin avec parking et restaurant pour les touristes du dimanche. Lorsque nous préparerons ce poisson et le viderons de ses entrailles, nous aurons tout de même une petite pensée amicale pour Captain Igloo, qui lui, aura tout de même contribué à nous faciliter la vie, de femme « nourrie ».

Commentaire pour l'article La pêche : la virilité retrouvée
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